Réflexion sur l’Islam et la politique en France en 2020

 

 

Islam et Politique en France

 

La France est en pleine  mutation sociologique.

Alexis de Tocqueville disait « Chaque génération qui nait est comme un peuple nouveau qui vient s’offrir aux mains du législateur »

L’Islam est devenu la seconde religion du pays et cela provoque des craintes, des crispations.
Cette population musulmane est française, au moins  depuis deux, trois, voire  quatre générations.

Malgré une bataille de chiffre, on estime qu’il y a environ 6 millions de musulmans en France.

Nous pouvons y ajouter un nombre croissant et indéfini de français de souche convertis.

La croissance démographique des populations musulmanes de France est telle que l’on peut envisager un  basculement rapide
qui ferait que demain, peut-être dans une décennie,  l’islam pourrait devenir la première religion de France.
Cette perspective inquiète les politiques qui ont un regard  fantasmagorique sur cette population qui est régulièrement soupçonnées d’être une cinquième colonne à l’intérieure du pays.

Ce changement sociologique entraine une crise de notre société alimentée par le regard inquiet et inquisiteur des politiques qui cherchent à trouver à tout prix la justification de leur crainte.
On rebondit sur tout ce qui peut sembler être une preuve de déloyauté au pays, cela va du simple sifflet de l’hymne National à un match de football ou sur le voile des musulmanes soupçonnées de dévoyer la laïcité.
Face aux attentats qu’à connus notre pays en janvier 2015,  toute une population est sommée de se désolidariser publiquement de ces actes sans même considérer qu’ils étaient autant victimes que tout autre citoyen français, voire doublement du fait de l’accroissement des actes islamophobes que cela à engendrés.

Femmes, hommes ou enfants, tout musulmans est susceptibles d’être coupable et de prouver son innocence.

L’exemple d’un enfant de 8 ans mis en garde à vue au commissariat pour une soi-disant phrase dite à l’école à un autre enfant
illustre cette dérive inquiétante et dangereuse pour la cohésion de notre pays et pour le Bien vivre ensemble.

La politique est liée à la vie de la Cité, elle doit s’adapter aux besoins de la vie des citoyens.

Cette prise en compte de l’Islam par le politique a connu un développement dés le début de notre millénaire.

Les ministres de l’Intérieur successifs, de Gauche comme de droite,  ont pris la décision de créer une représentation des musulmans de France  pour que l’État ait un interlocuteur unique avec les Français pratiquant cette religion : le Conseil français du culte musulman (CFCM) est créé en 2003.

Considérant que la loi de 1905 sur la laïcité comme insuffisante, le politique légifère en mars 2004 par une loi sur les signes religieux dans les écoles. L’esprit de Jules ferry est remplacé par celui de Stasi, du nom de la commission, afin de « réaffirmer des règles strictes, afin que ce vivre en commun dans une société plurielle puisse être assuré. »

Nous avons pu constater les effets néfastes provoquées de cette loi et l’éloignement de l’acceptation des différences ainsi que le recul du bien vivre ensemble.
Même si la loi de 2004 ne s’applique qu’à l’école, collèges et  lycées, on observe certains professeurs d’université aller au-delà et interdire de leurs cours les étudiantes voilées.

La discrimination s’accentue pour les femmes  voilées, que l’on exclues de toutes les sphères publiques de notre société comme celui du monde du  travail, de l’école, d’accompagner leur enfant aux sorties scolaires et aussi de certains loisirs.
En effet,  certains maires poussent le paroxysme de l’exclusion jusqu’à   interdire l’accès des plages aux femmes voilées.

Cet apartheid religieux au sein de notre pays ne peut durer  plus longtemps sans prendre un risque majeur d’explosion de l’unité de la nation.

Alors quelle solution le politique doit prendre pour que  l’Islam trouve sa place au sein de la nation ?

La première des choses est de reconnaitre que vivre ensemble ne veut pas dire vivre tous de la même manière.
Unité de la Nation ne veut pas dire uniformité de ces citoyens.
Le Parti de la Banlieue répond à cette problématique par une solution politique, qui jusqu’à ce jour, est rejetée par toute les partis politiques du pays.
Pour redonner une place aux français mis au ban du lieu de la République pour des différences religieuses et autres, il faudrait accepter et reconnaitre au préalable ces différences comme partie intégrante de notre nation.
Cela implique nécessairement de revenir sur notre système de politique d’assimilation qui réfute toutes les différences. Reconnaitre et accepter les différentes communautés du pays au sein de la communauté nationale, accepter la diversité des cultures dans la Culture de France passe par l’adoption du multiculturalisme que prône le parti de la Banlieue.
Cette évolution ne fait pas table rase du passé, elle garde les avantages de l’esprit de tolérance et d’ouverture de la République et l’élargie à toute une frange de la population qui en est exclue.

Ce multiculturalisme français défini dans le Manifeste du Parti de la Banlieue revendique une Liberté culturelle.
Une liberté de croyance reconnue pour chaque citoyen, sans contrainte, en libre arbitre.
Une liberté culturelle qui n’enfermerait pas dans des traditions mais qui laisserait la liberté d’expression à son identité sans l’imposer à autrui.

Une Egalité culturelle qui laisserait droit aux pratiques culturelles de chacun, dans la limite du respect des droits fondamentaux et de l’égalité des sexes.
Il ne doit pas avoir une culture supérieure qui aurait droit de cité et une culture inférieure qu’il faudrait éliminer.

Une fraternité culturelle qui permettrait d’édifier ensemble, avec toutes nos différences, une nouvelle démocratie culturelle qui lutterait pour le respect des droits fondamentaux et effacerait les inégalités qui font qu’aujourd’hui le simple fait d’être musulman en France vous place au rang de sous-citoyen.

Dans ce cadre, la France de demain, serait une France apaisée, ou la culture majoritaire ne pourrait éteindre les cultures minoritaires et que l’on soit musulman ou non, l’essentiel serait de préserver l’intérêt du Bien commun dans nos différences et dans le respect des droits de l’homme et du citoyen.

 

Le 13 février 2015,
Le Parti de la Banlieue.